L'histoire de la gravure sur bois vient de la Chine bouddhique. Mais un empereur nippon eut l'idée marketing du siècle : un million de pagodes miniatures devraient contenir un texte porte-bonheur. La seule réponse technique fut le tirage de masse, qui est à la base de celle de l'estampe.

 

Au cours du 17ème siècle, l'estampe prit son essor. La bourgeoisie, les samouraïs, les fonctionnaires et les serviteurs des seigneurs, soit 50% de la population, vivaient en ville et fréquentaient les théâtres, les quartiers de plaisirs en côtoyant artistes et intellectuels. On se mit à éditer des estampes sur le thème du divertissement : courtisanes, intérieurs riches, acteurs de Kabuki (le Nô était réservé aux nobles), paysages.

Des œuvres érotiques, satiriques, carnets de croquis (ancêtres des mangas) apparaissent. Cette culture populaire fut nommée ukiyo et les estampes ukiyo-e (jeu de mot avec le "monde des souffrances"). On vit même après l'incendie d'Edo, des milliers d'estampes vendus au prix d'un bol de riz pour décorer les modestes intérieurs.

 

Plus tard, l'estampes servit à la propagande militaire. Puis la photographie la supplanta. L'estampes polychrome fut très en vogue jusque dans les années 1800 (Utamaro, Harunobu, Sharaku, Koryûsai, Tokokuni, Hokusai, Hiroshige...).

 

Puis, au moment où les Occidentaux s'entichaient des estampes, influençant tout le milieu des impressionnistes, au Japon, ce fut le déclin.

 

De nos jours, l'illustration japonaise, plus prestigieuse que le manga ou la BD, est encore assez méconnue chez nous. Elle développe un style propre s'inspirant de la culture otaku.

Estampes

© 2020 by Gilles Hanauer

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